Affichage des articles dont le libellé est théâtre. Afficher tous les articles
Affichage des articles dont le libellé est théâtre. Afficher tous les articles

lundi 5 octobre 2009

Espillage

Bref voyage en Sarthe, le week end dernier, pour aller voir Claude Esnault en sa tanière. Après Instructions pour vivre sans peau et Treize, Bref inventaire de toutes les choses est le troisième texte de Rafael Menjívar Ochoa que monte Claude Esnault.
Une nouvelle fois, le spectacle, si l'on peut parler de spectacle, est extraordinaire. Tandis qu'une voix enregistrée dit des fragments du texte, le metteur en scène et seul intervenant (à la différence des deux autres montages) assemble devant nous les pièces des différents puzzles que constitue le texte de Menjívar publié aux éditions Cénomane.
Extraits:

dimanche 15 février 2009

Michel Piccoli

Magnifique prestation de Michel Piccoli, vendredi à la Comédie, dans Minetti, de Thomas Bernhard. Le texte est superbe, avec ses redites, son ressassement litanique des mêmes obsessions - comme toujours chez Bernhard-, ses fugues et variations autour de Lear, d'Ensor, d'une carrière dont on est de moins en moins sûr, au fur et à mesure où la pièce se déroule, qu'elle n'a pas été rêvée. Il s'agit d'un presque monologue, les autres acteurs ne servant guère qu'à donner la réplique, souvent par des monosyllabes, à «l'artiste en vieil homme». Et Piccoli est magistral. Les commentaires, lus ça et là, sur ses défaillances, me laissent rêveur. A-t-on bien tous vu la même pièce?

dimanche 8 février 2009

Post scriptum

En prenant mon repas dominical devant mon téléviseur, seul moment où je regarde la télévision, je tombe sur le volet culturel du journal de Claire Chazal, avec un sujet consacré à Madame Butterlight (déjà le titre est désopilant), une pièce qui se joue en ce moment à Paris. Une actrice, afin d'accepter un rôle, doit perdre quelques kilos... La thématique est d'une profondeur qui donne le vertige. On sait que pour tourner l'Aveu, Yves Montand avait dû perdre 12,5 kilos. Mais elle, c'est 18 kilos... Rien à voir, donc, d'autant plus que dans le cas de Madame Butterlight, c'est pour la bonne cause: la gaudriole. Montand, comme on le sait, et comme on peut le voir ici, aimait les sujets plus légers.
Revisitée sous cet angle, La douleur choque par sa légèreté, son insoutenable légèreté, son insouciance à contre-courant: comment faire regagner quelques grammes à un rescapé des camps de la mort ?

samedi 7 février 2009

Buchenwald mon amour

La douleur, de Marguerite Duras, hier soir, à la Comédie de Reims. Le texte est magnifique, terrible. L'attente, les démarches, à la libération, d'une femme dont le mari est en camp de concentration, puis le retour de celui-ci, peut-être plus terrible encore. C'est Patrice Chéreau qui est à l'origine de cette adaptation au théâtre du texte de Duras. Il en parle ici. Dominique Blanc est magnifique, sobre, à la fois émouvante et convaincante. La douleur, comme l'attente (Les petits chevaux de Tarquinia), sont omniprésentes dans l'oeuvre de Duras et leur écriture intériorisée. C'est la raison pour laquelle la lectrice type de Duras, ou son lecteur, est une voix off, elle aussi intériorisée (Jeanne Moreau, Delphine Seyrig, Emmanuelle Riva, Michel Lonsdale). Ici, Dominique Blanc nous propose une toute autre approche, qui consiste justement à extérioriser le texte. Splendide.

lundi 2 février 2009

La Célestine

Petit raid à Paris pour voir La Célestine au Vingtième Théâtre. Une très grande liberté par rapport à la pièce de Fernando de Rojas. Certes, il fallait sabrer dans le texte, pour réduire à une heure trente un texte dont la représentation intégrale durerait plus de vingt heures. Mais était-il bien nécessaire de faire tuer Calixte par les sbires du père de Mélibée, au lieu de le faire bêtement tomber du haut de son mur, ainsi que l'a voulu Rojas ? Ceci étant dit, très beau spectacle. Mise en scène classique, excellente interprétation. Biyouna est une extraordinaire Célestine, ponctuant régulièrement son texte d'interjections en arabe qui ajoutent une pointe d'humour à ce que l'auteur a conçu comme une tragicomédie. Myriam Bella convainc dans son rôle de Mélibée, comme Céline Caussimon dans celui de la duègne et Luis Rego dans celui du valet Sempronio.