mercredi 4 février 2009

Tit repas sympa du lundi soir

Entrée : soupe d'huîtres et laitue. Dans une marmite mettre un verre de vin blanc sec avec une échalote hachée finement. Y faire cuire les huîtes à feu vif une dizaine de minutes, en remuant de temps en temps. Pendant ce temps, éplucher une laitue et la faire blanchir une minute dans de l'eau bouillante. Ecoquiller et réserver les huîtres. Essorer la laitue cuite et la hacher au couteau, l'essorer de nouveau. L'asperger de crême fraîche dans une casserole, faire cuire une dizaine de minutes, épicer (sel, poivre, noix de muscade). Y remettre les huîtres afin de les réchauffer. Servir dans des écuelles. C'est vraiment une petite entrée, pour un lundi soir; on peut aisément multiplier les doses par deux sans risquer l'embonpoint. Plat principal: saumon et tomates provençales. Peler les tomates (au chalumeau, c'est trop bien), les couper en deux, les évider, saupoudrer d'ail de persil et de chapelure et hop au four avec une lichée d'huile d'olive. Les darnes de saumon sont aimablement invitées à prendre un bain constitué de vin blanc sec, huile d'olive, jus de citron, sel, poivre, aneth, en compagnie d'une échalote hachée menue. Et hop, au four aussi. Ensuite tout dépend de vos goûts persos, préférez-vous le saumon fondant ou croustillant ? Miam.

mardi 3 février 2009

Drouot

Dans les paniers d'osier de la salle des ventes
une gloire déchue des folles années 30
avait mit aux enchères parmi quelques brocantes...
La chanson est impeccable. Il y en a peu de Barbara qui ne le soient pas. Chose troublante cependant, cet accord curieux du verbe "mettre", dont le participe passé aurait dû, en français de tous les jours, se terminer par un "s" et qui, liaison oblige, on ne peut le nier, pour Barbara se termine par un "t".
Miracle de la poésie. Louis Aragon, dans sa préface aux Yeux d'Elsa, aux premières pages du Fou d'Elsa et, bien sûr dans Le traité du style, démontre que le miracle de la poésie réside dans ce à quoi on ne s'attendait pas, dans le fait d'être déçu, c'est à dire découvrir une chose alors qu'on en avait anticipé une autre. "Je ne foule pas la syntaxe pour le plaisir, disait-il, je foule la syntaxe parce que la syntaxe est faite pour être foulée". Aragon dresse une liste de "fautes" commises par les meilleurs auteurs, et dont l'effet est ravageusement émotif.
Et, de fait, quel intérêt y aurait-il à chanter "J'suis descendu dans mon jardin pour y cueillir du romarin" ? Un chercheur a démontré que le surréalisme de Lautréamont provenait de ce que, né à Montevideo, ce dernier avait recours, écrivant français, à des locutions directement traduites de l'espagnol.
Pouvoir exotique de la poésie. Là où il y a déviance il y a poésie.
Imaginons que lors d'un premier enregistrement, Barbara ait, sans le savoir, commis une faute. Il est peu probable qu'en tant d'années de carrière, un moraliste, un érudit, un gentil ne lui ait pas écrit pour le lui signaler. Il est fort peu probable qu'à un moment donné, on n'ait pas dit à Barbara que le participe de "mettre" s'écrivait avec un "s". Or, d'enregistrement en réenregistrement, de concerts en réorchestrations, la longue dame brune a maintenu ce "t" iconoclaste.Merci... et chapeau bas.

Lectures

Je continue à exploiter le fruit de mon passage à l'extraordinaire librairie L'herbe entre les dalle, installée dans ses nouveaux locaux de l'avenue de Rostov au Mans. Bambi Bar, d'Yves Ravey (Minuit, 2008). «Quand les gendarmes frappent chez Léon, à l'aube, ils prétendent enquêter sur la voiture qui a renversé une jeune fille à la sortie d'un dancing.Mais, très vite, leurs questions s'orientent sur les activités du Bambi Bar qui emploie cette jeune fille dans des conditions pour le moins louches et qui vient d'engager Léon pour réparer la chaudière.» (4ème de couverture). J'ai beaucooup aimé. Pour en savoir plus, on peut visiter le site officiel des éditions de Minuit. De Tanguy Viel, j'ai lu Insoupçonnable (Minuit, 2006), que j'ai beaucoup aimé aussi. Il passe ses journées à fumer, elle est entraîneuse dans un bar de nuit, vide les cendriers chaque matin, en rentrant du boulot. Petite vie minable, mais un jour, ils en ont la certitude, cela va changer. Et cela change, en effet, le jour où un de ses clients la demande en mariage...

lundi 2 février 2009

La Célestine

Petit raid à Paris pour voir La Célestine au Vingtième Théâtre. Une très grande liberté par rapport à la pièce de Fernando de Rojas. Certes, il fallait sabrer dans le texte, pour réduire à une heure trente un texte dont la représentation intégrale durerait plus de vingt heures. Mais était-il bien nécessaire de faire tuer Calixte par les sbires du père de Mélibée, au lieu de le faire bêtement tomber du haut de son mur, ainsi que l'a voulu Rojas ? Ceci étant dit, très beau spectacle. Mise en scène classique, excellente interprétation. Biyouna est une extraordinaire Célestine, ponctuant régulièrement son texte d'interjections en arabe qui ajoutent une pointe d'humour à ce que l'auteur a conçu comme une tragicomédie. Myriam Bella convainc dans son rôle de Mélibée, comme Céline Caussimon dans celui de la duègne et Luis Rego dans celui du valet Sempronio.

samedi 31 janvier 2009

Le saucier

Nouvelle acquisition, que j'avais envie de tester. Et pour tester ce saucier, la meilleure manière de faire était de l'utiliser afin de préparer des sauces que manuellement je ne rate jamais, il faut dire qu'elles sont relativement basiques : la crème anglaise et la sauce béchamel. J'ai donc fait des choux, en reprenant pour la pâte à choux la bonne vieille recette de ma grand-mère. J'ai fait deux séries de choux, une sucrée, choux à la crême à la vanille, et une salée, choux à la Béchamel et au saumon (à napper de bisque de homard). Evaluation du saucier: c'est un peu plus long qu'à la main (avec QIR en bois et fouet) mais cela a l'avantage de travailler tout seul, sans risque de brûler et/ou attacher. On règle la température, on met les ingrédients et un bras articulé touille à votre place. Pendant ce temps-là, on peut faire autre chose. Car on a souvent autre chose à faire en même temps. Il est très rare qu'on ait à faire une sauce sans rien pour l'accompagner. De plus, cela libère un feu de la cuisinière. Prochaine mission pour la tite machine: essayer de faire des sauces que je rate quand je les fais à la main.

jeudi 29 janvier 2009

Lectures

Je viens aussi de lire Trenes hacia Tokio (Lengua de Trapo, 2006), d'Alberto Olmos, un romancier espagnol né en 1975. J'ai beaucoup aimé. Un Espagnol perdu au Japon, où il enseigne l'anglais à des enfants de maternelle et passe le reste de son temps à fumer et regarder les filles en mini-jupe, en particulier dans les trains. Personnage un peu amorphe, qui plairait sans doute à Godard. Sans être absente, la trame narrative n'est pas primordiale, et ce qui est intéressant c'est qu'on est tellement captivé par ce qui n'est pas narratif que c'est en arrivant à la fin du livre qu'on découvre (ou redécouvre) qu'il y en avait une. J'ai bien aimé.
Avis de la critique et présentation video du livre par son auteur sur le site officiel de l'éditeur:

Lectures

Deux textes érotiques de Marguerite Duras, datant du début des années 80: L'homme assis dans le couloir (Minuit, 1980) et La maladie de la mort (Minuit, 1982). Je n'ai pas du tout aimé le premier. Brève scène sado-maso, plus proche du porno que de ce qui pour moi s'apparente à l'érotisme. La relation sexuelle relatée m'y a semblé malsaine et j'ai eu horreur de la scène finale où le personnage masculin s'acharne sur le corps de sa partenaire. Ce n'est pas tout à fait aussi insupportable que du Bataille mais presque... En revanche (si l'on peut dire), j'ai bien aimé La maladie de la mort, sans doute plus soft. Un homme qui va mourir, une femme qui ne fait que passer, un rapport énigmatique, monnayé, et des draps qui sont - comme le suggère Duras dans ses suggestions de mise en scène - déjà une image de la mer. De la mer ou de la mort ? Pourquoi cette jeune femme passe-t-elle son temps à dormir ?